Santé mentale et dépression post-partum

Santé mentale post-partum

Il est normal de ressentir une grande variété d’émotions après un accouchement, ainsi que durant les premières semaines et les premiers mois de la parentalité. Les recherches montrent que le risque de troubles de l’humeur, comme la dépression ou l’anxiété, augmente à la suite de changements de vie importants. La grossesse, l’accouchement et le fait de devenir parent sont tous des événements majeurs qui peuvent avoir une incidence sur la santé mentale d’une personne. Il est essentiel, pour tous les parents, de savoir ce qui est normal, de reconnaître les signes et symptômes des troubles de l’humeur post-partum et de savoir quand consulter un·e professionnel·le de la santé afin de soutenir leur santé mentale.

Le «baby blues»

De nombreux nouveaux parents vivent le « baby blues » au cours de la première semaine environ suivant l’accouchement. Il s’agit d’une réaction prévisible aux changements hormonaux qui surviennent après la grossesse, souvent aggravée par le manque de sommeil et les changements physiques liés à l’accouchement. Se sentir fatigué·e, émotif·ve et avoir des sautes d’humeur sont des symptômes typiques du baby blues. Ces sentiments sont temporaires et disparaissent généralement d’eux-mêmes dans les deux premières semaines suivant l’accouchement.

Composer avec le baby blues:

  • Réduisez vos attentes à votre égard. Vous venez d’accoucher ; votre corps a besoin de temps pour se reposer et guérir. Soyez indulgent·e envers vous-même.
  • Vous n’êtes pas obligé·e de dire oui à toutes les visites. Les proches peuvent être très enthousiastes à l’idée de rencontrer votre nouveau bébé, mais cela peut vous mettre beaucoup de pression pour recevoir à la maison. Il est tout à fait acceptable de lui demander de reporter sa visite de quelques jours.
  • Déterminez quelles tâches vous pouvez laisser de côté ou déléguer. Identifiez les tâches que vous pouvez mettre de côté ou pour lesquelles vous pouvez demander de l’aide. C’est le moment de prioriser votre rétablissement et le bien-être de votre bébé. Par exemple, envisagez de demander à votre partenaire, à un·e ami·e ou à un membre de votre famille de prendre en charge certaines tâches.
  • Prenez soin de vous. Un bain chaud, une longue douche, vos aliments réconfortants préférés : ces petits gestes de bienveillance envers vous-même sont importants.

Dépression post-partum

La dépression post-partum (DPP) est diagnostiquée lorsqu’un parent présente, presque tous les jours pendant au moins deux semaines, des symptômes qui nuisent à sa capacité de prendre soin de lui-même ou de ses enfants, notamment:

  • Être déprimée ou éprouver une tristesse profonde
  • Pleurer sans raison apparente
  • Ressentir de la culpabilité
  • Se sentir comme une moins que rien
  • Être agitée ou manquer d’énergie
  • Avoir de la difficulté à se concentrer
  • Avoir des troubles d’appétit ou du sommeil
  • S’isoler de sa famille et de ses ami·e·s
  • Penser à faire du mal aux autres ou à soi-même

La DPP peut toucher tous les parents, peu importe le genre. Il existe encore une certaine stigmatisation à l’égard des hommes qui vivent une dépression post-partum, car on a longtemps cru qu’elle ne touchait que les femmes. Toutefois, des études récentes suggèrent que jusqu’à 23 %, soit près d’un parent sur quatre, vivent une dépression ou de l’anxiété au cours de la première année suivant la naissance. Les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de dépression présentent un risque accru de DPP.

Les troubles de l’humeur, comme la dépression, peuvent rendre une période déjà exigeante extrêmement difficile. Prenez rendez-vous avec votre professionnel·le de la santé dès que vous ou votre partenaire reconnaissez des signes possibles de dépression post-partum.

Anxiété post-partum

Il est normal d’avoir certaines inquiétudes en tant que nouveau parent. L’anxiété post-partum survient lorsque ces inquiétudes deviennent difficiles à gérer et nuisent à votre capacité d’accomplir vos activités quotidiennes normales. Elle peut se manifester par des symptômes psychologiques et physiques, notamment:

Symptômes psychologiques

Irritabilité ou agitation

Tension, sensation d’être « à cran »

Pensées envahissantes (« Et s’il arrivait quelque chose de grave ? »)

Besoin constant d’être rassuré·e

Évitement d’activités ou de lieux habituels

 

Symptômes physiques

Battements cardiaques rapides ou accélérés

Mains moites

Sensation d’oppression dans la poitrine

Maux d’estomac, nausées ou perte d’appétit

Troubles du sommeil (difficulté à s’endormir ou à rester endormi·e)

Crises de panique

 

Parlez à votre professionnel·le de la santé si vous présentez des symptômes d’anxiété post-partum.

Que puis-je faire pour soutenir ma santé mentale après l’accouchement?

Consultez votre professionnel·le de la santé si vous présentez des symptômes de dépression ou d’anxiété. Les stratégies suivantes peuvent soutenir votre plan de traitement en cas de trouble de l’humeur et sont également bénéfiques pour tout le monde:

  • Adoptez une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, grains entiers, produits laitiers, fruits de mer, légumineuses et noix.
  • Évitez l’alcool. L’alcool est un dépresseur et ne vous aidera pas à vous sentir mieux.
  • Faites de l’activité physique régulièrement. Cela favorise la production d’endorphines, qui améliorent l’humeur, et contribue à un sommeil plus réparateur. Si possible, sortez à l’extérieur chaque jour pour profiter de l’air frais et de la vitamine D.
  • Essayez de dormir suffisamment. Cela peut être difficile avec un nouveau-né, mais accordez la priorité au repos lorsque c’est possible.
  • Gérez votre stress. Déterminez quelles tâches vous pouvez abandonner, déléguer ou prioriser. Intégrez des moments quotidiens de relaxation, de yoga ou de méditation.

Psychose post-partum

La psychose post-partum (PPP) est une urgence de santé mentale rare, mais très grave, qui peut survenir dans les six premières semaines suivant l’accouchement. Elle se manifeste par une rupture avec la réalité et peut inclure des hallucinations, des délires, de la paranoïa ainsi que des pensées d’automutilation ou de violence envers autrui.

La PPP est une urgence médicale qui nécessite un traitement en milieu hospitalier.

Message clé

Si vous ou votre partenaire remarquez des signes de dépression ou d’anxiété, il est important d’obtenir de l’aide. N’attendez pas que la situation s’améliore d’elle-même. Parlez-en à votre professionnel·le de la santé de confiance- des ressources communautaires sont disponibles pour aider les nouveaux parents aux prises avec la dépression ou l’anxiété post-partum. Si vous avez des pensées de vous faire du mal ou de faire du mal à votre bébé, composez le 911 ou communiquez avec votre ligne de crise locale.